Cogito, ergo sum est une expression latine du philosophe René Descartes qui signifie « je pense, donc je suis ». D'abord employée par Descartes en français dans le Discours de la méthode (1637), qui sera traduit par la suite en latin, puis développée plus largement sous une forme différente (ego sum, ego existo : « je suis, j'existe ») dans les Méditations métaphysiques (1641). L'expression est fréquemment employée sous une forme raccourcie : cogito (ce qui omet l'expression « je suis »). Le verbe conjugué à la première personne du singulier est même devenu, dans le jargon philosophique, un substantif masculin couramment employé : on dit « le cogito (de Descartes) » pour désigner cette intuition, acquise par le sujet humain grâce à la conscience qu'il a de lui-même. Il s'agit en effet d'un principe qui jouera un rôle fondamental dans la philosophie de Descartes.

Ayant entrepris de refonder entièrement la philosophie sur des bases solides, Descartes met en œuvre un doute méthodique, consistant à éliminer tout ce qui n'est pas absolument certain. Il découvre alors que, même si mes sens et mes raisonnements me trompent souvent, il n'en demeure pas moins que moi, qui suis en train de douter, je suis quelque chose, autrement dit j'existe. Cette certitude de sa propre existence se présente dès lors comme une vérité première pouvant servir de point d'appui à la philosophie qu'il développera, considérée à ce titre comme exemplaire de la philosophie moderne, qui place le sujet au centre de la construction du savoir.

 

Le cogito cartésien

Le cogito est initialement exposé en français par Descartes dans le Discours de la méthode (1637), quatrième partie :
« Mais aussitôt après je pris garde que, pendant que je voulais ainsi penser que tout était faux, il fallait nécessairement que moi qui le pensais fusse quelque chose ; et remarquant que cette vérité, je pense, donc je suis, était si ferme et si assurée, que toutes les plus extravagantes suppositions des sceptiques n'étaient pas capables de l'ébranler, je jugeai que je pouvais la recevoir sans scrupule pour le premier principe de la philosophie que je cherchais. »

Descartes réitère ce raisonnement, en latin cette fois-ci, dans les Méditations métaphysiques (1641) :
« Sed est deceptor nescio quis, summe potens, summe callidus, qui de industriâ me semper fallit. Haud dubie igitur ego etiam sum, si me fallit; & fallat quantum potest, nunquam tamen efficiet, ut nihil sim quamdiu me aliquid esse cogitabo. Adeo ut, omnibus satis superque pensitatis, denique statuendum sit hoc pronuntiatum, Ego sum, ego existo, quoties a me profertur, vel mente concipitur, necessario esse verum. »
« Mais il y a un je ne sais quel trompeur très puissant et très rusé, qui emploie toute son industrie à me tromper toujours. Il n'y a donc point de doute que je suis, s'il me trompe ; et qu'il me trompe tant qu'il voudra il ne saurait jamais faire que je ne sois rien, tant que je penserai être quelque chose. De sorte qu'après y avoir bien pensé, et avoir soigneusement examiné toutes choses, enfin il faut conclure, et tenir pour constant que cette proposition : Je suis, j'existe, est nécessairement vraie, toutes les fois que je la prononce, ou que je la conçois en mon esprit. »

Ce n'est toutefois qu'en 1644, dans les Principes de la philosophie (première partie, article 7) que le mot "cogito" (au sens de cet article) apparaît pour la première fois dans l'œuvre de Descartes :
« Ac proinde haec cognitio, ego cogito, ergo sum, est omnium prima & certissima, quae cuilibet ordine philosophanti occurrat. »
« Cette pensée, je pense, donc je suis, est la première et la plus certaine qui se présente à celui qui conduit ses pensées par ordre. » 

 

 Dans la philosophie de Descartes

Descartes, qui était partie prenante des recherches scientifiques de l'époque, chercha à laisser à la postérité une méthode scientifique, basée sur le doute méthodique, afin de conduire à la recherche de vérités.

Malgré sa pratique d'un doute radical, Descartes se distingue des sceptiques. Chez ces penseurs grecs, l'épochè consiste en une suspension définitive du jugement qui vise à atteindre l'ataraxie. Il ne faut pas confondre ce doute avec le doute méthodique de Descartes, qui, lui, est provisoire et qui est établi en vue de la découverte d'une vérité indubitable. Le XVIe siècle est une époque d'enrichissement de la pensée. De nombreuses découvertes viennent détruire l'unité politique, religieuse... de l'Europe. L'homme est donc perdu dans un monde incertain où rien n'est sûr sauf l'erreur. Mais pour Descartes, l'homme ne peut renoncer à « l'assurance du jugement ». Le scepticisme n'est pas une attitude viable. Son doute méthodique est donc un doute volontaire, raisonné et actif, qui a pour but d'atteindre une certitude, sur laquelle pourra être reconstruit un monde sûr et certain.

Dans le Discours de la méthode, il s'agit d'un doute méthodique. Le fait de penser demande d'introduire une méthode.

C’est sur le sujet pensant que se fondent désormais la connaissance, la morale et le droit. Être sujet, c’est rendre raison des choses et de soi-même, c’est s’affirmer comme être humain libre et responsable.

Descartes en vient à vouloir prouver aussi l'existence de Dieu, par le seul fait qu'il pense son existence. On lit en effet des développements importants dans les Méditations métaphysiques dans ce sens (Méditation troisième : de Dieu qu'il existe, Méditation cinquième : de l'essence des choses matérielles, et derechef de Dieu, qu'il existe).

Le cogito ergo sum développé dans ces trois œuvres a donc une portée considérable. Descartes affirme qu'il est un être pensant, et il pose la question de l'existence de Dieu, affirmant qu'il existe.

Certains parlent alors d'un doute hyperbolique : Descartes, poursuivant ses idées déjà exposées dans les Règles pour la direction de l'esprit, recherche un principe premier, c'est-à-dire un fondement de toute connaissance. Il s'agit du fait de penser : cogito ergo sum (« Je pense, donc je suis »).

Ce faisant, ce principe devient une certitude qui se substitue à la conception d'une cause première qui était celle de la scolastique, et qui résultait de la conciliation entre le christianisme et la philosophie d'Aristote, faite par Thomas d'Aquin dans la Somme théologique.

Ce principe fonde une nouvelle morale (les Principes de la philosophie).


Un principe à inscrire dans son contexte

Le contexte du XVIIe siècle est celui d'un questionnement sur la structure physique du monde, avec la controverse ptoléméo-copernicienne et la condamnation du dialogue sur les deux grands systèmes du monde de Galilée (1633). En 1623, l'année même où Descartes fit son pèlerinage à Loreto, Marin Mersenne publiait Questions sur la Genèse, qui, plus qu'un véritable traité sur la Genèse, était une critique de la Kabbale chrétienne et de Pic de la Mirandole6. Précisément, Descartes connut Mersenne à partir de 1637. Il échangea une correspondance avec lui, dans le cadre des réseaux de scientifiques de cette époque. En 1641, c'est à Mersenne que Descartes demanda de recueillir les objections sur les Méditations métaphysiques.

Il faut aussi signaler que Descartes lui-même a cherché à révoquer cette formulation là du cogito. Il a en effet bien perçu qu'elle mettait trop en avant la forme logique (par la présence du « donc » dans la formule), alors qu'il a considéré, dans les étapes de son entreprise de doute, que les raisonnements pouvaient eux-mêmes être trompeurs. Et en effet, la formule peut faire penser à un syllogisme abrégé : Tout ce qui pense existe ; or je pense ; donc j'existe. Néanmoins, pour Descartes, il est clair que mon existence ne se déduit pas, elle est intuitive. À l'expression cogito ergo sum, il a donc fini par préférer dans les Méditations métaphysiques : ego sum, ego existo (je suis, j'existe).

La postérité a souvent retenu la formule : cogito ergo sum (« je pense donc je suis ») contenue dans le Discours de la méthode (1637), détachée de son contexte. Le Discours de la méthode, facilement lisible, parce qu'écrit en français, a véhiculé le concept du cogito au XVIIIe siècle, puis l'enseignement en France l'a popularisé. Les successeurs de Descartes s'imaginèrent alors quelquefois qu'il suffisait de penser scientifiquement pour aboutir à la certitude.
Une métaphysique oubliée ?

La postérité oublia parfois les développements philosophiques contenus dans les Méditations métaphysiques. Descartes employa le concept du cogito, non seulement sur le plan de la méthode scientifique (Discours de la méthode), mais il en donna une formulation à caractère métaphysique : dans les Méditations métaphysiques, la place principale est donnée au sujet pensant.

Beaucoup de philosophes au XIXe siècle se sont prétendus les successeurs de Descartes, alors qu'ils refusaient pourtant toute valeur à la métaphysique.

En fait, Descartes avait une conception de la métaphysique différente de celle de l'école scolastique, qui prenait Aristote pour référence, en l'interprétant dans la tradition de Saint-Thomas d'Aquin.

Aristote retenait la théorie du géocentrisme de Ptolémée, d'où la divergence d'opinion.

On lit en effet dans les Principes de la philosophie :

« Ainsi toute la philosophie est comme un arbre, dont les racines sont la métaphysique, le tronc est la physique et les branches qui sortent de ce tronc sont toutes les autres sciences qui se réduisent à trois principales, à savoir la médecine, la mécanique et la morale, j’entends la plus haute et la plus parfaite morale, qui, présupposant une entière connaissance des autres sciences, est le dernier degré de la sagesse. Or comme ce n’est pas des racines, ni du tronc des arbres, qu’on cueille les fruits, mais seulement des extrémités de leurs branches, ainsi la principale utilité de la philosophie dépend de celles de ses parties qu’on ne peut apprendre que les dernières. »

On voit que, contrairement à l'enseignement de l'époque, qui s'appuyait sur une réconciliation entre la Bible et la philosophie d'Aristote (école scolastique), Descartes ne met pas la métaphysique et la morale sur le même plan. On considérait en effet, sur la base de l'œuvre d'Aristote, que la philosophie comprenait trois grandes branches : la logique, la métaphysique, et l'éthique.

La Comédie ou Divine Comédie (en italien Commedia /komˈmɛdja/ ou Divina Commedia /diˈvina komˈmɛdja/ : l'adjectif Divina (Divine) attribué par Boccace, se retrouve seulement à partir de l'édition imprimée en 1555 par Ludovico Dolce), est un poème de Dante Alighieri écrit en tercets enchaînés d'hendécasyllabes en langue vulgaire florentine. Composée, selon la critique, entre 1307 et 1321, la Commedia est l'œuvre de Dante la plus célèbre et l'un des plus importants témoignages de la civilisation médiévale. Connue et étudiée dans le monde entier, elle est tenue pour l'un des chefs-d'œuvre de la littérature mondiale de tous les temps.

Elle est également considérée comme le premier grand texte en italien : la langue dans laquelle elle est écrite a eu une influence considérable sur l'idiome moderne de la péninsule. Pour écrire son œuvre, Dante a été très largement inspiré par le sanglant conflit qu'il a lui-même vécu en Italie, opposant les Guelfes (Guelfi) et les Gibelins (Ghibellini) (1125-1300). Du point de vue littéraire, Dante fait référence explicite à l'Énéide et à l'Apocalypse de Paul, les deux textes antiques les plus connus dans le genre des récits de voyage.

Le poème est divisé en trois parties appelées cantiche (pluriel italien pour cantica) : Inferno (l'Enfer), Purgatorio (le Purgatoire) et Paradiso (le Paradis), chacune composée de trente-trois chants (excepté l'Enfer qui contient un chant préliminaire). Le poète narre un voyage à travers les trois règnes supraterrestres qui le conduira jusqu'à la vision de la Trinité. Sa représentation imaginaire et allégorique de l'au-delà chrétien est un sommet de la vision médiévale du monde développée par l'Église catholique romaine.

L'œuvre connut immédiatement un succès extraordinaire et contribua de manière déterminante au processus de consolidation du dialecte toscan comme langue italienne. Le texte, dont on ne possède pas l'autographe, fut copié dès les premières années de sa diffusion, et jusqu'à l'avènement de l'imprimerie, en un grand nombre d'exemplaires manuscrits. Parallèlement, se diffusa la pratique de la glose et du commentaire, donnant vie à une tradition de lectures et d'études dantesques jamais interrompue. L'étendue des témoignages manuscrits de la Commedia a constitué une difficulté majeure dans l'élaboration de l'apparat critique. On dispose aujourd'hui, en italien, d'une édition de référence réalisée par Giorgio Petrocchi. André Pézard est pour le XXe siècle le spécialiste français de Dante avec la publication en 1965 de l'œuvre complète traduite et commentée. Jacqueline Risset a publié une édition bilingue et commentée en trois volumes (en 1985, 1988 et 1990) de la Divine Comédie plusieurs fois rééditée.

Tout en recouvrant de nombreuses caractéristiques de la littérature et du style médiéval (inspiration religieuse, intention moraliste, langage et style basés sur la perception visuelle et immédiate des choses), la Commedia, comme l'a noté Erich Auerbach dans Mimesis, est profondément innovante, qui tend vers une représentation large et dramatique de la réalité.

   Michelino_DanteAndHisPoem.jpg

Titre

 

Le titre original fut probablement Commedia, ou Comedìa, du grec κωμωδία (comodìa). C'est en effet ainsi que Dante lui-même nomme son œuvre (Enfer XVI 128, Enfer XXI 2). Dans l'Epistola (dont la paternité dantesque n'est pas absolument certaine) adressée à Cangrande della Scala, Dante confirme le titre latin de l'œuvre : « Incipit Comedia Dantis Alagherii, Florentini natione, non moribus ». La lecture de cette lettre fournit deux raisons justifiant l'attribution de ce titre : l'une, de caractère littéraire, selon laquelle il était d'usage de définir par le terme de commedia un genre littéraire qui, après des débuts difficiles pour le personnage principal, se termine par une fin heureuse ; l'autre, stylistique, puisque le mot commedia indiquait une œuvre écrite en langage médian. Ces deux aspects se retrouvent effectivement dans le poème : de la selva oscura, allégorie de l'égarement du poète, on passe à la rédemption finale, la vision de Dieu dans le Paradis ; en second lieu, les vers sont écrits en langue vulgaire et non en latin qui, bien qu'il existât déjà une riche tradition littéraire en lingua del sì, continuait à être considéré comme la langue par excellence de la culture.
L'adjectif « divina » fut utilisé pour la première fois par Boccace dans son Trattatello in laude di Dante (Petit Traité à la louange de Dante) (1373), environ soixante-dix ans après l'époque à laquelle le poète a vraisemblablement commencé la composition de son œuvre. La locution Divina Commedia, cependant, ne devint commune qu'à partir de la seconde moitié du XVIe siècle, lorsque Ludovico Dolce, dans son édition vénitienne de 1555, reprit le titre boccacien.


Le nom « commedia » (sous la forme comedìa) apparaît seulement deux fois à l'intérieur du poème (Enfer) que Dante qualifie de poema sacro (poème sacré) dans le Paradis. Dante ne renie pas le titre de Commedia parce que, étant donné la longueur de l'œuvre, chaque partie (cantica), ou même chaque chant individuellement, fut publié au fur et à mesure et l'auteur n'avait pas la possibilité de réviser ce qui avait déjà été rendu public. Le terme Commedia devait cependant sembler réducteur à Dante au moment de la composition du Paradis dans lequel le style mais aussi la syntaxe sont profondément différents de ceux des chants qui constituent l'Enfer : la question des palinodies dans la Commedia (les corrections auxquelles Dante procède à l'intérieur de son œuvre, se contredisant lui-même et contredisant même ses sources) est considérable.

 

 

Contexte

La Divine Comédie se déroule « au milieu du chemin de notre vie » (« Nel mezzo del cammin di nostra vita » : premier vers du Chant I). Dante a précisément trente-cinq ans (l'espérance de vie étant faible au XIVe siècle).


Structure

La Divine Comédie est divisée en trois cantiques composés de trente-trois chants chacun (plus un chant inaugural placé dans l’Enfer). Ce découpage très précis traduit la symbolique des nombres : on distingue 100 chants en tout ce qui renvoie au chiffre « 1 » qui traduit l'Unité, alors que la répétition du chiffre « 3 » peut être associée à la Trinité. L’adjectif Divine du titre de l’œuvre, s’il est employé par Dante dans une lettre, ne fut donné au poème que plus tard, par Boccace, qui le commentait publiquement à Florence. Les chants présentent une forme dite terza rima, ou « rime tierce », faisant se succéder trois fois la même rime embrassée avec une autre suite de trois occurrences. Les vers hendécasyllabiques sont regroupés en tercets à rime enchaînée. Ainsi les premiers vers de l’Enfer :

 

Nel mezzo del cammin di nostra vita — A
mi ritrovai per una selva oscura, — B
ché la diritta via era smarrita. — A
Ahi quanto a dir qual era è cosa dura — B
esta selva selvaggia e aspra e forte — C
che nel pensier rinova la paura! — B
Tant’ è amara, che poco è piú morte ; — C
ma per trattar del ben ch’io’ vi trovai, — D
dirò dell’altre cose ch’ i’ v’ ho scorte. — C

 

Argument

 
Le récit de l' Enfer, la première des trois parties, s'ouvre avec un chant introductif (qui sert de préambule à l'ensemble du poème) dans lequel le poète Dante Alighieri raconte à la première personne son égarement spirituel : il se représente « dans une forêt obscure », allégorie du péché, dans laquelle il se retrouve parce qu'il a perdu « la route droite », celle de la vertu (il faut se souvenir que Dante se sent coupable, plus que quiconque, du péché de luxure lequel est toujours présenté, dans l'Enfer et le Purgatoire, comme le moins lourd des péchés). Cherchant à en trouver l'issue, le poète aperçoit une colline illuminée par la lumière du soleil ; tentant d'en sortir pour avoir une perspective plus large, son avance est entravée par trois bêtes féroces : une lonce (lynx), allégorie de la luxure, un lion, symbole de l'orgueil et une louve représentant l'avarice, les trois vices à la base de tous les maux. La frayeur que lui inspire la louve est telle que Dante tombe en arrière le long de la pente.

En se relevant il aperçoit l'âme du grand poète Virgile auquel il demande de l'aide. Virgile lui révèle que pour arriver au sommet de la colline et éviter les trois bêtes féroces, il faut prendre une route différente, plus longue et plus pénible, à travers le bien et le mal, et prophétise que la louve sera tuée par un mystérieux vautre. Le poète se présente comme l'envoyé de Béatrice, la jeune femme (morte à seulement vingt-quatre ans) aimée par Dante, qui avait intercédé auprès de Dieu afin que le poète fut libéré de ses péchés. Virgile et Béatrice sont ici les allégories de la raison et de la théologie : le premier en tant que poète le plus sage de l'antiquité classique, la seconde parce qu'elle est un moyen d'accès vers le créateur (scala al fattore), selon la vision élaborée par Dante dans la Vita Nuova.

D
epuis la colline de Jérusalem sur laquelle se trouve la forêt, Virgile conduira Dante à travers l'enfer et le purgatoire parce qu'à travers ce voyage, son âme pourra se relever du mal dans lequel elle était tombée. Puis Béatrice prendra la place de Virgile pour guider Dante au paradis. Virgile, dans le récit allégorique, représente la raison, mais la raison ne suffit pas pour arriver à Dieu ; la foi est nécessaire et Béatrice représente cette vertu. Virgile en outre n'a pas connu le Christ, il n'est donc pas baptisé et il ne lui est de ce fait pas permis de s'approcher du royaume du Tout-Puissant. 

 

 http://www.abbaye-saint-benoit.ch/dante/index.htm

L-Homme-qui-plantait-des-arbres.jpg L'Homme qui plantait des arbres est une nouvelle écrite en 1953 par l'écrivain français Jean Giono pour « faire aimer à planter des arbres », selon ses termes. Il s'agit de l'histoire, présentée comme authentique, du berger Elzéard Bouffier, personnage pourtant de fiction, qui fait revivre sa région, localisée en Haute Provence, entre 1913 et 1947, en plantant des arbres.

Écrite à la suite d'une commande du magazine américain Reader's Digest, la nouvelle a eu un retentissement mondial. Elle est aujourd'hui considérée comme un manifeste à part entière de la cause écologiste. Beaucoup de personnes ont cru que le personnage d'Elzéard Bouffier avait vraiment existé, croyance sur laquelle Giono n'a pas manqué de jouer.

La nouvelle véhicule de nombreux messages : écologiques, humanistes et même politiques. L'histoire d'Elzéard Bouffier est en effet considérée dans la littérature écologiste comme une parabole de l'action positive de l'homme sur son milieu et de l'harmonie qui peut s'en suivre.

Le récit de Giono a donné lieu à un film d'animation du même nom, réalisé par l'illustrateur Frédéric Back et lu par Philippe Noiret, et qui a obtenu plus de 40 prix à travers le monde.

L'Homme qui plantait des arbres est aujourd'hui reconnu comme une œuvre majeure de la littérature de jeunesse et elle est, à ce titre, et pour son message écologique de développement durable, étudiée en classe.

 

 

L'intrigue

 

Le narrateur, personnage anonyme, effectue une randonnée dans une contrée située entre les Alpes et la Provence, « délimitée au sud-est et au sud par le cours moyen de la Durance, entre Sisteron et Mirabeau ; au nord par le cours supérieur de la Drôme, depuis sa source jusqu'à Die ; à l'ouest par les plaines du Comtat Venaissin et les contreforts du Mont-Ventoux », région désertique où plus rien ne pousse excepté la lavande. Il campe alors auprès d'un « squelette de village abandonné », au milieu d'une « désolation » sans pareille, où pourtant la vie a jadis existé. Après une nuit de repos, il reprend son chemin mais manque bientôt d'eau. Il fait par chance la rencontre d'un berger silencieux nommé Elzéard Bouffier, qu'il prend, au début, « pour le tronc d'un arbre solitaire ». Celui-ci lui prodigue à boire, puis lui propose de passer la nuit chez lui, dans sa maison de pierres. Le narrateur est impressionné par la bonne tenue de la demeure et par la vie placide et sereine du berger qui vit seul en compagnie de son chien et de son troupeau de moutons.

Alors que la nuit s'avance, le narrateur observe le berger en train d'examiner, de classer, de nettoyer puis de sélectionner, « un tas de glands ». Il en choisit finalement dix, qu'il met de côté, puis va se coucher. Le lendemain, le narrateur reprend sa route mais, intrigué, demande au berger s'il lui est possible de demeurer chez lui encore un jour. Le berger accepte puis prend la route avec son troupeau et son seau de glands. Le narrateur décide de suivre un chemin parallèle à celui du berger afin d'observer ce qu'il compte faire de ses glands. Ce dernier s'arrête enfin sur une petite clairière désertique et, à l'aide d'une « tringle de fer », fait un trou dans lequel il met un gland, puis rebouche le trou. Le narrateur comprend qu'Elzéard Bouffier plante des chênes et, ce jour-là, il en plante cent, « avec un soin extrême ». Engageant de nouveau la conversation, le narrateur apprend qu'Elzéard plante depuis trois ans des arbres : « Il en avait planté cent mille. Sur les cent mille, vingt mille était sortis. Sur ces vingt mille, il comptait encore en perdre la moitié, du fait des rongeurs ou de tout ce qu'il y a d'impossible à prévoir dans les desseins de la Providence. Restaient dix mille chênes qui allaient pousser dans cet endroit où il n'y avait rien auparavant ».

La passion de cet homme consiste donc à planter des arbres, dans une parfaite solitude. Le narrateur ne parvient cependant pas à lui donner un âge. Le berger entreprend de planter d'autres essences, parmi lesquelles des bouleaux, des hêtres et des faînes. Il entend métamorphoser la région en plantant des milliers d'hectares de surface sylvicole. Le lendemain, le narrateur quitte la compagnie du berger et l'année d'après il est engagé sur le front de la Première Guerre mondiale. Il oublie alors Elzéard Bouffier et sa passion incroyable. Mais, lorsqu'il décide d'effectuer à nouveau une randonnée dans la région, le souvenir du berger silencieux lui revient.

Retrouvant le planteur, qui a changé de métier et qui est maintenant apiculteur (ses moutons étant en effet une trop grande menace pour ses plantations), celui-ci lui fait visiter sa nouvelle forêt dont les chênes datent de 1910. La création d'Elzéard fait alors « onze kilomètres de long et trois kilomètres dans sa plus grande largeur » et impressionne le narrateur qui a le sentiment d'avoir sous ses yeux une œuvre de création divine : « Quand on se souvenait que tout était sorti des mains et de l'âme de cet homme - sans moyens techniques - on comprenait que les hommes pourraient être aussi efficaces que Dieu dans d'autres domaines que la destruction ». Le milieu a littéralement changé et, même, la reproduction des arbres se fait dorénavant toute seule, le vent aidant à disperser les graines. La transformation de la contrée s'opère si lentement que personne ne s'en aperçoit.

Dès 1920, le narrateur rend régulièrement visite au berger solitaire. Il constate ainsi la propagation de ses arbres, en dépit de quelques infortunes. Elzéard plante même d'autres essences, comme des érables. En 1933, le berger reçoit la visite d'un garde forestier, ce qui témoigne de l'importance de la forêt ainsi constituée au fil des années. Pour accélérer son projet, Elzéard Bouffier décide de fabriquer une maison afin de vivre au milieu des arbres. En 1935, le narrateur rend visite au berger en compagnie d'un ami garde forestier, à qui il dévoile le mystère de cette « forêt naturelle ». Ce dernier jure conserver le secret et voit en Elzéard Bouffier un homme qui a trouvé par cette activité « un fameux moyen d'être heureux ».

En 1939, il est décidé de commercialiser le bois de la forêt, notamment pour compenser le manque de combustible suite à l'introduction des voitures. Le projet avorte toutefois car la région est trop éloignée de tout circuit logistique. Le narrateur revoit une dernière fois le berger, en juin 1945. Ce dernier a alors 97 ans et il continue sa tâche de reforestation. Autour de lui, la région est revenue à la vie, notamment le village de Vergons où les habitants sont de nouveau présents et heureux. Ainsi, « plus de dix mille personnes doivent leur bonheur à Elzéard Bouffier ». Le narrateur a une dernière pensée pour le berger, sa générosité et son abnégation, qui font de sa réalisation « une œuvre de Dieu ». Enfin, « Elzéard Bouffier est mort paisiblement en 1947 à l'hospice de Banon ».

 

 

 

Succès et traductions

 

 

L'Homme qui plantait des arbres est publié, en anglais donc, sous le titre The Man Who Planted Hope and Grew Happiness (L'Homme qui plantait l'espoir et faisait pousser le bonheur), dans Vogue. Après avoir été publiée dans Vogue, la nouvelle est éditée gratuitement à hauteur de 100 000 exemplaires aux États-Unis. 

 

La nouvelle est ensuite publiée dans d'autres revues, et en particulier dans des revues écologiques de langue anglaise d'abord. Selon Giono, ce succès aux États-Unis peut s'expliquer par le fait que son personnage de berger rappelle aux Américains leur propre héros national, John Chapman surnommé John Appleseed, « l'homme aux pommiers ». Le texte est publié dans Trees and Life de l'été 1956, à Londres, puis dans Forest, The Trout et Resurgence. Des revues de langue allemande, Vendepunkt (Zurich) et Oekjournal Garten und Landschaft, la font ensuite paraître. Une édition italienne paraît en 1958, sous le titre L'Uomo che piantò la speranza e crebbe la felicità. L'association américaine Friends of Nature en réalise une brochure en 1966, préfacée par le sénateur Gaylord Nelson. Le magazine Vogue publie de nouveau le texte dans son volume anthologique The World in Vogue de 1963.

Le texte apparaît ensuite dans des revues françaises. Sa première publication en langue française, sous le titre L'Homme qui plantait des arbres a lieu dans la Revue Forestière Française, en 1973 (no 6). C'est Aline Giono, la fille de l'écrivain, qui lui a donné ce titre, sur les indications verbales de son père. Le texte est publié par la suite dans Le Sauvage (no 15/16) de juillet 1974, mais aussi dans Centre Midi Magazine (décembre 1974). Le Bulletin de l'Association des amis de Jean Giono de Manosque publie le texte dans son no 5 de printemps-été 1975, accompagné de deux chroniques de Giono consacrées aux arbres, et de l'article de sa fille quant à la genèse de la nouvelle. C'est cet article qui va révéler le caractère fictif du texte, mettant ainsi au jour les manipulations de Giono pour laisser persister le mystère.

En dépit de la volonté de Giono de mettre le texte dans le domaine public, de nombreux éditeurs étrangers l'ont traduit et commercialisé dans le monde entier. La nouvelle a ainsi été traduite en treize langues, notamment en danois, finlandais, suédois, norvégien, anglais, allemand, russe, tchécoslovaque, hongrois, espagnol, italien, yiddish, polonais, yougoslave. En 1977, note Pierre Citron, la nouvelle a été plagiée, sous copyright, en anglais, par Jesse Free. De même, des mouvements sectaires s'en sont emparés. En France, le texte apparaît dans la brochure intitulée « Changer le monde » éditée par « Les Enfants de Dieu ». Jacques Chabot parle d'un « succès quantitatif », car c'est l'ouvrage de Giono le plus traduit et le plus médiatisé. Il s'agit de l'un des rares textes de Giono à avoir paru d'abord en traduction (en anglais d'abord). Cependant, rien ne prouve que les langues citées par Giono dans sa lettre au Conservateur des Eaux et Forêts de Digne, Monsieur Valdeyron, en 1957, sont exactes. Alors que Giono ne la destinait pas en ce sens, la nouvelle a été rapidement considérée comme appartenant à la littérature de jeunesse.

La maladie d'Alzheimer est une maladie neurodégénérative du tissu cérébral qui entraîne la perte progressive et irréversible des fonctions mentales et notamment de la mémoire. Elle fut initialement décrite par le médecin allemand Aloïs Alzheimer (1864-1915).

 

Principale cause de démence chez les personnes âgées, elle touche environ 26 millions de personnes dans le monde et vraisemblablement quatre fois plus d'ici 2050. Généralement diagnostiquée à partir de l'âge de 65 ans, les premiers signes de la maladie d'Alzheimer sont souvent confondus avec les aspects normaux de la sénescence ou d'autres pathologies neurologiques comme la démence vasculaire ce qui fit qu'elle fut sous-diagnostiquée jusque dans les années 1960. Elle est aujourd'hui reconnue comme l'une des maladies les plus coûteuses aux économies des pays développés.

 

350px-Alzheimer-s_disease_-_MRI_-french-.jpg

Comparaison des examens d'IRM cérébrale d'un sujet normal (à droite) et d'un sujet atteint de la maladie d'Alzheimer (à gauche).

Le diagnostic de la maladie repose essentiellement sur des tests neuropsychologiques et sur la mise en évidence d'une atrophie corticale qui touche d'abord le lobe temporal interne et notamment l'hippocampe, régions importantes pour la mémoire. Les premiers symptômes consistent en des pertes de souvenir (amnésie) qui se manifestent initialement par des distractions mineures qui s'accentuent avec la progression de la maladie, tandis que les souvenirs plus anciens sont relativement préservés. L'atteinte neurologique s'étend par la suite aux cortex associatifs frontaux et temporo-pariétaux, se traduisant par des troubles cognitifs plus sévères (confusions, troubles de l'humeur et des émotions, des fonctions exécutives et du langage) allant jusqu'à la perte des fonctions autonomes et la mort. La vitesse et l'évolution de la maladie sont variables d'un individu à l'autre rendant difficile tout pronostic précis, ainsi l'espérance de vie varie de 3 à 8 ans selon l'âge du patient au moment du diagnostic. Les changements psychologiques induits par la maladie influent sur les qualités humaines essentielles et pour cette raison la maladie d'Alzheimer est quelquefois décrite comme une maladie où les victimes subissent la perte de qualités qui forment l'essence de l'existence humaine.

 

À l'heure actuelle, il n'existe pas de traitement efficace contre la progression de la maladie. Les interventions proposées sont principalement d'ordre palliatif et n'ont qu'un effet limité sur les symptômes. Étant donné la prévalence de la maladie, un important effort est mené par l'industrie pharmaceutique pour découvrir un médicament qui permettrait de stopper le processus neurodégénératif. La principale piste de recherche vise à s'attaquer aux plaques amyloïdes qui se forment entre les neurones au cours de la maladie et aux agrégats de protéines tau formant les dégénérescences neurofibrillaires à l'intérieur des neurones.

 

Bien que les causes exactes de la maladie d'Alzheimer restent encore mal connues, on suppose que des facteurs génétiques et environnementaux contribuent à son apparition et à son développement. Des mutations génétiques ont été identifiées dans les cas familiaux à début précoce qui représentent moins de 5% des patients atteints par la maladie d'Alzheimer. Pour la forme la plus courante, dite « sporadique », les allèles de plusieurs gènes (codant notamment pour l'apolipoprotéine E) augmentent le risque de développer la maladie. Alors que l'hygiène de vie joue un rôle avéré dans le risque d'apparition et de progression de la maladie, diverses études épidémiologiques et toxicologiques ont aussi mis en exergue des facteurs de risques environnementaux tels que la présence de métaux comme l'aluminium dans l'environnement, tout particulièrement sous forme hydrique ( Henri Pézerat, André Picot et l'étude Paquid menée par l'Inserm dans 75 communes française). Evoquant le doute, les autorités sanitaires et politique (conférence de presse du ministère de la Santé, 14 octobre 1998)n'ont pas encore décidé de réduire les normes applicables aux taux d'aluminium dans l'eau de consommation. De même, ont été soulevés le problème de l'exposition à des solvants ou aux champs électromagnétiques ou encore le contact avec les métaux lourds (notamment le mercure des amalgames dentaires). Mais, à l'heure actuelle, la communauté médico-scientifique ne s'accorde pas sur l'interprétation des résultats de recherche.

 

 

Historique

 

Aloïs Alzheimer (1864-1915) est un médecin psychiatre et un neuropathologiste allemand du début du XXe siècle qui étudia le cerveau des personnes atteintes de démence, grâce à une nouvelle technique de coloration à l'aniline et des imprégnations argentiques.

En 1907, Aloïs Alzheimer décrivit pour la première fois les altérations anatomiques observées sur le cerveau d'une patiente de 51 ans, Auguste D. Atteinte de démence, elle présentait également des hallucinations visuelles et des troubles de l'orientation. En 1911, Alzheimer découvrait un cas identique à celui d'Auguste D.

C'est le psychiatre Emil Kraepelin qui proposa que la maladie porte le nom d'Alzheimer, du nom de son découvreur.

L'après-baby-boom (ou papy-boom), la maitrise de la fécondité et le progrès médical conduisent les sociétés à devoir vivre une période où les personnes âgées seront très nombreuses. Cette maladie fait donc l'objet d'une attention particulière, dont en France avec l'observatoire national sur la recherche sur la maladie d'Alzheimer (ONRA).

En 2009, la maladie d'Alzheimer explique plus de la moitié des cas de démence de la personne âgée dans les pays riches.

 

Épidémiologie

On distingue deux formes de la maladie d'Alzheimer : la forme « familiale », plus précoce, qui a, au moins en partie, une origine génétique, et la forme dite « sporadique » qui est la forme la plus répandue de la maladie. Le facteur de risque pour cette dernière forme augmente fortement avec l'âge ce qui en fait, à l'échelle mondiale, la troisième cause d'invalidité pour les plus de 60 ans (après les atteintes de la moelle épinière et les cancers en phase terminale) avec une prévalence de l'ordre de 4 à 6% à cet âge. Ces chiffres proviennent essentiellement des études épidémiologiques effectués dans les pays développés, en effet bien que cette maladie s'observe sur tous les continents, elle est bien caractérisée dans les pays en voie de développement où l'espérance de vie est souvent plus courte et les enquêtes épidémiologiques plus rares. La maladie d'Alzheimer est donc considérée comme une pandémie.

À part l'âge, les autres facteurs de risque de la maladie sont mal connus et les chercheurs se tournent de plus en plus vers la recherche de causes environnementales.

En effet :


-L’incidence - aux mêmes âges - est (sauf au Japon, et moindrement en Amérique Centrale et du Sud) toujours plus forte dans les pays riches qu'ailleurs.
-Ceci est vrai pour les populations urbaines supposées plus exposées aux pollutions, mais aussi pour les populations rurales (qui par exemple en Inde développent 5,4 fois moins d'Alzheimer qu'en (Pennsylvanie). De même les afro-américains vivant aux États-Unis sont-ils beaucoup plus touchés que les Yorubas du Niger (Des chercheurs ont comparé l'incidence de MA dans une population Yoruba du Niger et chez des afro-américains génétiquement proches (fréquence comparable (26 à 29%) et élevée d'allèles APOE47, mais le risque de MA pour ces individus est deux fois moindre au Niger(1,15%) qu'en Amérique du Nord (2,52%)(à âge égal), ce qui plaide aussi pour une cause environnementale, au moins dans 50 % des cas).
-Cette maladie est plus rare en Asie (alors que la population chinoise connait aussi un vieillissement important suite à la politique de contrôle de la natalité soutenue par son gouvernement depuis les années 1960). Le Japon est une exception pour les pays industrialisés et riches. La prévalence de la maladie y est presque 10 fois plus faible qu'en France.
-un Japonais vivant à Hawaï ou aux États-Unis voit son niveau de risque augmenter (5,4% pour les Japonais d’Hawaii) et se rapprocher de celui d'un américain moyen, d'un caucasien ou européen).
-De même 5,7% des japonais ayant émigré au Brésil a après quelques décennies le même risque de développer la maladie qu'un brésilien moyen.
-Au Japon, l'Alzheimer est rare, mais la démence vasculaire est - comme aux USA - très élevée, probablement en raison d'un consommation trop importante de sel. Cette maladie diminue au Japon grâce à la prévention et à une prise en charge plus efficace de l'hypertension. L'exception japonaise pourrait être expliquée que suite à la catastrophe de Minamata et de Niigata au Japon, le mercure a été banni de nombreux usages et notamment des amalgames dentaires. Le fait que cette maladie n'ait pas progressé au Japon, alors qu'on y a aussi constaté une augmentation des caries induites par la nourriture industrielle, les sucreries et boissons gazeuses sucrées suggère que le mercure serait bien en cause, et non le sucre, ou un phénomène infectieux lié à la carie elle-même. L'espérance de vie en bonne santé y est par ailleurs parmi les meilleures au monde, ce qui n'est pas le cas en France ou Belgique par exemple. L'espérance de vie est aussi la plus élevée au monde pour les japonaises).
-La recherche n'a que peu exploré la piste d'un éventuel lien entre mercure dentaire et Alzheimer, mais de nombreux indices plaident pour une relation causale.

Le mercure comme cause possible pour les cas "non-familiaux" ?

Pour les cas n'ayant pas d'origine génétique, un nombre croissant d'indices désignent le mercure comme cause possible ;

-Ce mercure aurait pour principale origine les plombages dentaires : L’OMS considère que le mercure-vapeur émises par les amalgames dentaires est la 1re source d’exposition mercurielle des populations occidentales.

Les amalgames perdent environ 50 % de leur mercure (soit 1/2 gramme environ par amalgame), en 10 ans, avant stabilisation, et de nombreuses études récentes ont confirmé que le taux de mercure du cerveau est corrélé au nombre d’amalgames.
Une revue (monographie) des connaissances et études récentes, faite par J. Mutter montre une grande cohérence des études disponibles, et une étude suédoise récente laisse penser que les dentistes et leurs assistant(e)s sont effectivement 2 à 3 fois plus touchés par un type de cancer du cerveau (gliome), rare et pouvant être ici relié au mercure. Boyd Haley et ses collègues (Université du Kentucky) ont récemment montré comment le mercure induit une neurodégénérescence caractéristique de la MA, suite à une exposition chronique à de faibles doses de mercure-vapeur.

-Une étude (de faible puissance statistique et portant sur des vétérans de l'US Army) avait en 1993 mis en évidence un taux 7 à 8 fois plus élevé de caries racinaires chez les victimes de maladie d'Alzheimer par rapport à un groupe témoin (apparié pour l’âge et le niveau d’éducation). Par ailleurs le nombre de plombages dentaires est bien corrélé au taux de mercure mesuré dans le cerveau et c'est le mercure inhalé qui passe le mieux et plus directement au travers des poumons et qu'il est facilement stocké dans le cerveau qu'il gagne aisément grâce à sa lipophilie partielle. Ce sont les cellules gliales qui le stockent durablement, pour des dizaines d'années, sous forme d'un complexe insoluble soufré de cations mercuriques (Hg2+), après qu'il y ait été oxydé par le peroxyde d’hydrogène dans une réaction catalysée par une catalase (la peroxydase). Il peut alors exercer son activité bien connue de neurotoxique.

-En 2006, une étude suédoise montrait que les suédois victimes de la maladie d'Alzheimer avaient plus souvent des problèmes dentaires que les non malades.
Chez le rat de laboratoire exposé à du mercure, on observe des processus de dégénérescence du cerveau, semblables à ceux de la maladie d'Alzheimer. Le cerveau de rats de laboratoire exposés à une dose de mercure-vapeur équivalent à celle de quelques amalgames dentaires, présente les mêmes anomalies moléculaires que celles qu'on observe à l'autopsie de 80 % des cerveaux de patients morts après une M.A. Et la gravité de l'anomalie est bien corrélée au taux de mercure mesuré dans le cerveau.
On mesure un taux de mercure plus élevé dans le cerveau des malades d'Alzheimer, et tout particulièrement dans le noyau basal de Meynert au centre de l'encéphale, là où la dégénérescence neuronale est la plus forte chez les malades.

-Les malades ont presque toujours un taux de mercure sanguin anormalement élevé (2 à 3 fois plus élevé que pour l'échantillon témoin) et le taux sanguin du mercure est plus élevé chez les malades qui ont le plus de protéines β-amyloïdes se déposant dans le cerveau.

-Le mercure et d'autres métaux lourds ont une affinité pour les groupements thiols, or la tubuline possède plusieurs cystéines, un acide aminé possédant une fonction soufrée thiol (indispensable à la polycondensation de cette protéine cytosolique et c'est cette polycondensation qui forme les microtubules rigides, principaux constituants du cytosquelette des neurones, nécessaire au transport axoplasmique qui nourrit le neurone. Les fonctions thiol ont une affinité très élevée pour les cations mercuriques hydrosolubles, elles interviennent d'ailleurs dans les phénomènes naturels de détoxication des métaux lourds.

-In vitro, de faibles doses de mercure inorganique (Hg2+) suffisent à inhiber la production de glutathion par les neuroblastomes (cellules neuronales modifiées), Le glutathion est un tripeptide soufré normalement très présent dans le cerveau qu'il protège en tant que puissant antioxydant du milieu cellulaire. À faible dose, le mercure induit aussi (démontré expérimentalement chez le porc) une hyperphosphorylation des protéines Tau et un dépôt de protéine β-amyloïde, deux caractéristiques de la MA.

-la mélatonine est une hormone essentielle, produite par la glande pinéale (ou épiphyse), synchronisant les biorythmes, mais jouant aussi un rôle antioxydant et protégeant les neurones du mercure. On connaissait l'effet cytotoxique du mercure via le stress oxydatif, mais des chercheurs ont montré dans les années 2000 qu'il augmente aussi la sécrétion de bêta-amyloïde et la phosphrylation des protéines Tau dans les cellules de neuroblastome SHSY5Y. Ils ajoutent que la mélatonine protège bien les neurones contre l’action oxydante des cations mercuriques.

-In vitro, dans une culture de tissu cérébral humain, de très faibles doses de mercure inorganique suffisent à inhiber la phosphorylation de la tubuline par la guanosine-triphosphate (GTP), co-facteur nécessaire à la construction des microtubules, alors que d'autres métaux (même neurotoxiques connus comme le plomb, y compris sous leur forme ionisée) n'ont pas cet effet, pas plus que le fer ou le zinc ou l’aluminium, un temps suspectés.

-Le mercure inhibe la fixation des riboses sur l’adénosine diphosphate (ADP ; co-enzyme nucléotidique de la tubuline), ce qui inhibe la polycondensation de cette protéine , entraînant la formation d’amas neurofibrillaires cytotoxiques.
Des neurones mis en culture dégénèrent quand ils sont exposés à de très faibles doses de mercure inorganique ionisé (Hg2+) avec, dans le même temps, formation d’amas de neurofibrilles. L'Université de médecine de Calgary a produit une vidéomicroscopie qui montre qu'une une dose infime de (10-7 Mol) mercure suffit à mettre à nu une gaine de microtubules, par perte des neurofibrilles qui se dépolymérisent progressivement (Voir la vidéo). Cet effet n’est pas retrouvé avec d’autres métaux neurotoxiques : aluminium, plomb, manganèse.

-Des cultures de cellules souches de neurones ont été exposées à de faibles taux de mercure inorganique : celui-ci y bloque les fonctions de la tubuline, et induit la mort des cellules, par apoptose, ainsi que la formation de protéines connues pour être chaperonnes du stress thermique.

-Des chélateurs (molécules captant les métaux) associés à des antioxydants permettent une solubilisation de la protéine β-amyloïde (PbA). C'est un indice de plus en faveur d'une responsabilité du mercure dans l'accumulation de cette protéine pathogène. Un métabolisme anormal (homéostasie cellulaire perturbée) de deux autres cations métalliques (cuivre et zinc, nécessaires au fonctionnement du cerveau) serait également associé à l'apparition des plaques amyloïdes. Débarrasser le cerveau de ses excès de certains métaux pourrait être une piste thérapeutique contre la MA.

-In vitro, le mercure interagit négativement avec le glutamate (neuromédiateur excitateur) dont il perturbe la synthèse et le transport. Or le glutamate est essentiel pour le cerveau et la mémoire, mais ne doit pas être présent en excès. Dans la fente synaptique, les cations mercuriques (à dose micromolaire, 10-6 Mol), freinent la capture du glutamate par les astrocytes, en se fixant sur les fonctions thiols des transporteurs protéiques du glutamate. Le glutamate s'accumule et devient hyperexcitant, au point de tuer les cellules nerveuses.

-In vivo, le liquide cérébrospinal des M.A contient toujours un taux anormalement élevé de glutamine-synthétase (GS), ce qui peut être dû au fait que le mercure inorganique freine l’activité de la GS dans les astrocytes bien plus efficacement que le cation méthylmercure (...avec une relation dose-dépendante, et même à très faible dose puisque 5 μM de mercure inorganique durant 6 heures suffisent à diminuer de 74% l’activité de la GS). Le mercure, en augmentant le taux de glutamate excitotoxique peut entrainer la lyse d'astrocytes.

-Le taux d'adénosine triphosphate (ATP) des cellules neuronales est en outre piloté par une enzyme (la créatine kinase, ou CK), qui est également vulnérable aux cations mercuriques car possédant un grand nombre de fonctions thiols. Or on constate aussi un taux anormalement bas de cette enzyme dans les zones du cerveau les plus affectées par la MA.

-L'effet toxique du mercure est aggravé chez les personnes génétiquement moins aptes à sa détoxication. Or, cette susceptibilité génétique au mercure (liée au polymorphisme du gène de l’apolipoprotéine E ou APOE) est corrélée à un risque beaucoup plus élevé de développer une MA, et de la développer plus jeune. Un trouble cognitif léger a aussi plus de valeur prédictive chez ces derniers. Ce gène APOE existe sous 3 formes (allèles APOE2, APOE3 et APO4).

L'APOE 2 est plutôt protecteur, alors que l'APOE4 expose au risque maximal (y compris pour l'âge). Par exemple, un caucasien homozygote pour APOE2 a 25 fois moins de risques de MA que son homologue homozygote pour APOE4 (OR =0,6 vs 14,9). C'est un argument de plus en faveur de la responsabilité du mercure.

Facteurs de risque

-l'âge essentiellement (supérieur à 65 ans),
-vivre dans un pays développé et industrialisé
-antécédents familiaux de maladie d'Alzheimer, ou existence de mutations spécifiques (préséniline, APP),
-l'isoforme 4 de l'apolipoprotéine E (rarement recherché)
-antécédents personnels de dépression, de chocs à la boîte cranienne (traumatisme crânien, coups, secousses importantes..), d'exposition au mercure en particulier dentaire. Il a été question que l'exposition à l'aluminium soit aussi en cause, mais cette hypothèse est en déclin et a toujours été controversée,
-un régime pauvre en acides gras polyinsaturés oméga-3 et riche en acides gras saturés56,
-la consommation d'alcool en quantité modérée serait un facteur protecteur (effet indirect controversé),
-l'ivresse, même légère, est par contre un facteur de risque avéré.


Traitement

Actuellement, il n’existe aucun traitement guérissant la maladie d'Alzheimer, ni même permettant de stopper son évolution. Quelques médicaments peuvent au moins apparemment retarder l'évolution de la maladie en atténuant les pertes de mémoires, du langage et du raisonnement. L'efficacité de ces médicaments (anticholinestérasiques et mémantine) a été établie par des essais en double aveugle contre placebo. Ils n'ont pas d'effet immédiat, mais après 3 à 6 mois d'utilisation, les patients qui ont reçu le traitement ont des fonctions cognitives et une autonomie meilleures que les patients qui ont reçu le placebo. Autrement dit, avec ces traitements, le déclin fonctionnel est retardé. Ces effets sont perceptibles dans la vie quotidienne par l'entourage des patients. Les médicaments anticholinestérasiques ont des effets secondaires, surtout de type digstif (nausées et vomissement. Certains induiraient une surmortalité cardiovasculaire et des tremblements et/ou une aggravation de symptômes parkinsoniens) ce qui a été à l'origine de controverses portant notamment sur leur justification économique. Néanmoins, les organismes d'expertise les plus sérieux reconnaissent leur intérêt . Les grandes agences de santé, en particulier en France, la Haute Autorité de Santé, recommandent leur utilisation dans la maladie d'Alzheimer.

L'approche non médicamenteuse est une dimension importante de la prise en charge. De nombreuses approches, très diverses sont proposées. Peu nombreuses sont celles dont l'efficacité est réellement documentée par des études scientifique. La rééducation / stimulation cognitive a un effet modeste qui disparait à l'arrêt. Les thérapies occupationnelles, visant à stimuler l'attention des malades, ont une certaine efficacité. Les interventions envers les aidants familiaux des patients semblent capables de retarder l'entrée en institution gériatrique, en particulier les interventions d'un type éducatif.

 

L'arme nucléaire est une arme de destruction massive qui utilise l'énergie dégagée soit par la fission de noyaux atomiques lourds (uranium, plutonium dans le cas des bombes A), soit par la fusion de noyaux atomiques légers (hydrogène dans le cas des bombes H).


Ses effets destructeurs, qui sont sans commune mesure avec ceux des « armes conventionnelles », sont non seulement dus au souffle et à l'augmentation de la température, comme pour les explosifs classiques, mais aussi aux rayonnements. L'énergie libérée par l'explosion s'exprime par son équivalent en TNT.

L'arme nucléaire a été utilisée opérationnellement deux fois durant la Seconde Guerre mondiale, par les États-Unis contre le Japon par les bombardements des villes d'Hiroshima et de Nagasaki, entraînant plusieurs centaines de milliers de morts.

En raison de sa puissance, l'arme nucléaire n'est généralement pas considérée comme une arme conventionnelle, mais comme une arme de dissuasion (politique de dissuasion nucléaire), visant à empêcher toute attaque majeure, qui serait sanctionnée par l'utilisation de cette arme. Inversement, l'impact psychologique potentiel d'une arme nucléaire en fait une cible de choix pour des mouvements ou États terroristes. Depuis que plusieurs pays se sont dotés plus ou moins rapidement de l'arme nucléaire, des accords internationaux visent à réduire l'arsenal nucléaire et à limiter la prolifération nucléaire.

Débuts de la recherche nucléaire

La bombe atomique sera mise au point et assemblée durant le projet Manhattan. Ce projet est mis sur pied suite à une lettre signée par Albert Einstein (aux opinions pacifistes), adressée au Président des États-Unis, Franklin Delano Roosevelt. Dans cette lettre, datée du 2 août 1939, Einstein ainsi que d'autres physiciens expliquent à Roosevelt que l'Allemagne nazie effectue des recherches sur la fission nucléaire et ses applications possibles dans le domaine militaire, comme la création d'une bombe atomique. Einstein explique que cette bombe est capable de libérer une énergie si colossale qu'elle pourrait détruire une ville entière.

Le 14 août 1940, le Comité consultatif pour l'uranium, un organisme fédéral créé par Roosevelt, après avoir pris connaissance de la lettre, demande dans un mémorandum la création d'un projet de recherche sur le thème de la fission nucléaire et sur ses applications militaires. Une somme de 100 000 dollars est débloquée.

La première étape consiste en l'enrichissement de l'uranium naturel en uranium 235 fissile, c'est-à-dire que son atome peut se casser et produire une réaction de fission nucléaire. Durant cette étape de recherche, un second élément fissile est découvert, le plutonium.

Alors que jusque-là, le projet avait uniquement un but expérimental, avec pour objectif de valider la réalisation d'une bombe atomique, il est décidé en 1943, au vu des résultats, de passer au stade du développement. Le Projet Manhattan vient de voir le jour.

Des milliers de chercheurs, mis au secret, vont développer cette arme. Plusieurs laboratoires sont construits un peu partout aux États-Unis, comme dans le Tennessee, à Washington et enfin le plus célèbre, le LANL de Los Alamos au Nouveau-Mexique en mars 1943.

Le Laboratoire national de Los Alamos (LANL) est dirigé par le physicien Robert Oppenheimer, il sera entouré par une brillante équipe de physiciens, parmi lesquels quatre prix Nobel de physique (Niels Bohr, James Chadwick, Enrico Fermi et Isidor Isaac Rabi). Durant deux ans, ils vont surmonter un grand nombre de problèmes techniques, aidés par un budget de deux milliards de dollars. Ils développent les deux filières, uranium et plutonium en parallèle. Au début de juillet 1945, s'ils disposent de bombes opérationnelles dans chacune des filières, ils ont encore un doute sur la bombe au plutonium. Ils décident donc que le premier test portera sur cette technologie.

Le 16 juillet 1945, sur la base aérienne d'Alamogordo, la première bombe atomique, Gadget, explose lors d'un test baptisé Trinity. La petite histoire dit que Kenneth Bainbridge, le responsable des essais, glissa à l'oreille de Robert Oppenheimer, qui avait déclamé I am become Death, the Destroyer of Worlds (« Maintenant, je suis la Mort, le Destructeur des Mondes ») après l'explosion : Now we are all sons-of-bitches (« À partir de maintenant, nous sommes tous des fils de putes »).

atomic-explosion---4.jpg

Hiroshima et Nagasaki

Dans la matinée du 6 août de la même année, le président Harry Truman, qui a succédé à Franklin Roosevelt décédé le 12 avril, donne l'ordre de larguer une bombe atomique sur un objectif civil, la ville d'Hiroshima, avec pour objectif de faire capituler le Japon.

Même aujourd'hui, les raisons de cette décision sont loin d'être parfaitement connues. Il faut en effet se rappeler que le projet Manhattan visait initialement l'Allemagne et non pas le Japon. L'explication officielle (celle, à l'origine, de Truman) soutient que la capitulation du Japon fut ainsi réalisée en évitant de lourdes pertes américaines. Pour d'autres, c'est l'imminence de la déclaration de guerre de l'URSS au Japon prévue lors des accords de Yalta trois mois après la capitulation de l'Allemagne (soit au 8 août 1945), qui est le facteur déterminant ; avec leur nouvelle puissance nucléaire, les États-Unis n'avaient plus besoin de composer avec un allié encombrant pour finir ce conflit et en partager les profits (zones d'influence, bases militaires, etc.). Ce fut le point de vue d'Eisenhower pendant la guerre et, au début de la Guerre froide, du prix Nobel de physique Patrick Blackett.

Cette bombe fut surnommée par l'armée américaine Little Boy (« Petit Garçon »), du fait de sa petite taille, et Pikadon (« Lumière et bruit ») par les japonais. La bombe A à l'uranium enrichi (de type revolver) détona en expulsant une énergie équivalente à environ 15 kt de TNT. Il est difficile de connaître avec précision le nombre de personnes tuées par l'explosion. Le Département de l'énergie américain (DOE) estime quant à lui le nombre de personnes tuées instantanément à environ 70 000 et environ 200 000 personnes supplémentaires dans les cinq années qui ont suivi.

Le 9 août, trois jours plus tard, Truman donne l'ordre de larguer une seconde bombe sur la ville de Kokura (actuellement Kitakyushu). Celle-ci étant recouverte par des nuages, c'est Nagasaki qui est alors visée : lors d'une éclaircie, le bombardier confond les usines Mitsubishi sur les quais du port avec la cathédrale chrétienne. La bombe larguée, cette fois-ci, est au Plutonium, a une puissance de 22 kt et est surnommée Fat Man (« Gros Bonhomme »). Tout comme pour Hiroshima, le nombre de décès est difficile à définir, le DOE estime qu'il y a eu environ 40 000 personnes tuées instantanément et 60 000 autres blessées. En janvier 1946, il était estimé qu'environ 70 000 personnes étaient décédées des conséquences de l'explosion et peut-être le double dans les cinq années suivantes .

Les deux bombes ont explosé à environ 500 mètres d'altitude afin de maximiser leurs effets.

Le 15 août, le Japon accepte la capitulation sans conditions, l'Acte de la reddition du Japon est signé le 2 septembre 1945, à bord du cuirassé « Missouri », ce qui met fin à la Seconde Guerre mondiale (après la déclaration de guerre soviétique au Japon le 8 août 1945).

foncti5--Large-.jpg

  Image de little boy (nom de code de la bombe atomique d'Hiroshima)

Dissuasion nucléaire

Avec le début de la Guerre froide et l'accession rapide de l'Union soviétique à la force nucléaire, les deux superpuissances sont entrées dans ce que l'on appelle « dissuasion nucléaire » ou équilibre de la terreur.

Cette notion consiste en la peur, dans les deux camps, de l'utilisation par l'autre de l'arme nucléaire. Si c'était le cas, l'agressé répliquerait avec les mêmes armes et, en raison de la puissance et des effets des armes nucléaires, chacun pourrait être totalement détruit ou au moins subir des dégâts très importants, si bien que les avantages d'être l'agresseur sont quasi nuls. La stabilité de cette configuration, où deux adversaires se dissuadent ainsi mutuellement, dépend avant tout de la capacité de l'agressé à frapper nucléairement l'autre après avoir subi une première frappe atomique. C'est ce que l'on appelle la capacité de seconde frappe, élément moteur de la course aux armements qui a opposé les deux superpuissances durant la Guerre froide.

Du fait de leur exceptionnel pouvoir létal en une seule frappe, les armes nucléaires apparaissent aujourd'hui avant tout être des armes de pression politique, même si l'emploi limité d'arme nucléaire de faible puissance en milieu confiné est parfois envisagé, par exemple aux États-Unis avec les mini-nuke, pour détruire des cibles-clés enterrées à grande profondeur. Cette primauté accordée à l'usage dissuasif de l'arme nucléaire n'est cependant pas universelle : celle-ci est apparue progressivement mais rapidement aux États-Unis, mais ne faisait pas partie du corpus doctrinal officiel de l'URSS. Toutefois la dissuasion mutuelle pesait sur les relations entre les deux pays, comme semblent en témoigner les résolutions « pacifiques » des crises qui ont ponctué la Guerre froide.

Réduction des arsenaux nucléaires

Les accords Strategic Arms Limitation Talks (SALT), signés par les États-Unis et l'Union soviétique en 1972 et 1979, fixaient aux armes stratégiques offensives des plafonds supérieurs aux niveaux que celles-ci avaient atteints : ils autorisaient donc leur développement, mais limité.

Les accords Strategic Arms Reduction Treaty (START), en 1991 et 1993, imposaient, eux, une véritable réduction des arsenaux des États-Unis et la Fédération de Russie, de 13 000 ogives à 3 500 pour chacune des parties.

Signé en 2002, le Traité de réduction des arsenaux nucléaires stratégiques (SORT) entre ces deux pays prévoient que leurs arsenaux soit limité entre 1 700 et 2 200 ogives en 2012.

 




Calendrier

Février 2012
L M M J V S D
    1 2 3 4 5
6 7 8 9 10 11 12
13 14 15 16 17 18 19
20 21 22 23 24 25 26
27 28 29        
<< < > >>

Recherche

Concours

Recommander

Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés