Les lampes néon, ou tubes néon sont surtout utilisées pour les enseignes lumineuses.

Ce sont des tubes de verre ou de plastique transparents contenant un gaz (malgré leur nom, c'est rarement du néon). Le principe des lampes au néon a été inventé en 1910 par Georges Claude, ce qui a valu à ce chimiste une grande popularité.

Fonctionnement

Bien que les lampes néon fonctionnent, elles aussi, à l'électricité, leur fonctionnement est très différents des simples ampoules à incandescence.

Lorsque le tube est mis sous tension, le gaz contenu à l'intérieur est ionisé de façon à provoquer des micro-décharges électriques, ce qui produira de la lumière. Bien sûr, comme la plupart des phénomènes physiques, nous ne voyons pas à l'œil nu ces décharges car il y a une décharge tous les 1/50èmes de seconde (voir l'article persistance rétinienne). Pour une plus grande efficacité, en fait, les décharges ne se produisent pas dans le visible, mais dans l'ultra-violet. Le rayonnement ultra-violet est ensuite converti en rayonnement visible par fluorescence d'une couche déposée à l'intérieur du tube. C'est pourquoi la lumière des néons est en fait composée de rouge, vert et bleu (pour reconstituer une impression de blanc), spectre qui diffère totalement du spectre d'émission du gaz ionisé utilisé.

Image:Néons.JPG

Avantages

Très basse consommation d'électricité,
Éclairage puissant.

Inconvénients

Une exposition prolongée peut fatiguer l'œil (lumière forte et clignotante à grande vitesse)

Le paradoxe du singe savant est un théorème qui affirme qu’un singe qui tape au hasard sur le clavier d’une machine à écrire pourra presque sûrement écrire tous livres de la Bibliothèque nationale de France. Dans l’adaptation du théorème en langue anglaise, le singe pourra presque sûrement dactylographier tous les travaux réunis de William Shakespeare.

Le résultat fut présenté par Émile Borel en 1909 dans son livre de probabilités. Ces « singes » ne sont pas des singes réels, et ne se comportent pas comme de vrais singes ; ils sont plutôt une métaphore vivante pour une machine abstraite à produire des lettres dans un ordre aléatoire, par exemple un ordinateur et/ou un générateur aléatoire connecté(s) à une imprimante.

Il convient de préciser qu'il s'agit en toute rigueur d'un faux paradoxe : une vérité inattendue plutôt que la mise en évidence d'un défaut dans un système logique.

 

En pratique

Sans tenir compte de la ponctuation, ni des espaces, ni de la casse, un singe a une chance sur 26 de dactylographier correctement la première lettre du mot Hamlet. Il a une chance sur 676 (26 fois 26) de dactylographier les deux premières lettres. Puisque la probabilité diminue exponentiellement, pour 20 lettres elle ne sera seulement que d’une chance sur 2620 = 19 928 148 895 209 409 152 340 197 376, à peu de choses près égale à la probabilité d'acheter consécutivement 4 billets de loterie et de gagner le gros lot à chaque fois. Dans le cas du texte entier de Hamlet, les probabilités sont tellement négligeables qu’elles sont difficilement représentables pour un homme. Le texte de Hamlet, même dépouillé de toute ponctuation, contient bien plus de 130 000 lettres.

Gian-Carlo Rota écrivit dans un manuel de probabilité (inachevé lorsqu’il mourut) :

« Si le singe pouvait taper sur son clavier une touche par nanoseconde, alors la durée d'attente pour que le singe dactylographie complètement Hamlet serait si longue que l’âge estimé de l’univers paraîtrait insignifiant par comparaison… et ce n'est pas une bonne méthode pour écrire les pièces de théâtre. »

En physique, la force de l' « argument de singes » ne se situe pas dans la probabilité pour que les singes produisent éventuellement quelque chose d’intelligible, mais dans la réalité pratique qu'ils ne le feront jamais. N'importe quel processus physique moins probable que la réussite de tels singes, est dans le cours d'une vie humaine, et parfois même relativement à l'âge de l'univers, impossible ; c'est là une base statistique liée au second principe de la thermodynamique.

 

 

Le mythe du singe savant

Certains Américains prétendent, bien que ce soit fortement improbable, que l'utilisation par Borel des singes et des machines à écrire dans son théorème fut inspirée d’une argumentation de Thomas Henry Huxley le 30 juin 1860. Huxley en aurait parlé au cours d'une discussion avec l'évêque anglican d'Oxford, Samuel Wilberforce, tenue lors d'une réunion de l’association britannique pour l'avancement de la Science à Oxford, de laquelle Wilberforce était vice-président, ce dernier ayant été ébloui par la publication de Charles Darwin sur l'Origine des espèces sept mois plus tôt, en novembre 1859.

Aucune transcription de la discussion n'existe, personne actuellement ne peut en témoigner, et aucun mémoire de Huxley n'inclut une quelconque référence au théorème du singe savant.

Certains supposent que ce rapprochement hypothétique de la discussion avec le théorème du singe savant est probablement un mythe urbain dont l’origine provient du fait que cette discussion ait dégénéré en parlant des singes : l'évêque demanda si Huxley descendait d'un singe du côté de sa grand-mère ou de son grand-père, et Huxley répondit qu'il descendait plutôt d'un singe que de quelqu'un comme l’évêque qui argue avec une telle mauvaise foi. Il est encore moins probable qu’Huxley ait fait allusion à une machine à écrire. Bien que des brevets pour les machines à écrire modernes aient été accordés à partir de 1714, la production commerciale des machines à écrire n'a commencé qu’en 1870, et un orateur aussi habile qu’Huxley n’aurait certainement pas laissé dépendre son argumentation d’une machine dont l'existence était encore inconnue de la majeure partie de son auditoire.

L'Armée rouge, en russe Красная Армия, ou plus exactement Rabotche-krestianskaïa Krasnaïa Armia Рабоче-крестьянская Красная Армия - l'Armée rouge des ouvriers et paysans, est l'armée mise sur pied, dans l'ancien empire russe par le nouveau pouvoir bolchevik, après la Révolution d'Octobre, afin de combattre la contre-révolution des Blancs soutenus par les puissances étrangères (France, Royaume-Uni, Tchécoslovaquie, États-Unis, Japon). Le terme rouge a une connotation révolutionnaire et fait référence au sang.

Un an après la fin de la 2e guerre mondiale, en 1946, cette armée va s'appeler l'Armée soviétique (Советская Армия - Soviétskaïa Armia), jusqu'à la dissolution de l'URSS en décembre 1991.

Les débuts pendant la guerre civile

Après le renversement du gouvernement provisoire d'Alexandre Kerensky, dans la nuit du 24 au 25 octobre (6 au 7 dans le calendrier grégorien), les bolchéviks ne disposent que des volontaires de la Garde rouge et de quelques unités d'élite comme les Finnois de la division, pour assoir leur pouvoir politique. Au vu des leçons de la Commune de Paris (première insurrection ouvrière), les bolchéviks veulent disposer d'un instrument militaire puissant, pour combattre les forces qui leur sont hostiles. Dès le 15 janvier (28 janvier), un décret du conseil des commissaires du peuple, transforme, la Garde rouge, en Armée rouge des ouvriers et paysans, et le 23 février, ont lieu les premières levées de masse à Petrograd et Moscou et le premier combat contre l'armée impériale allemande. Le 23 février devient un jour férié en URSS, celui des défenseurs de la mère patrie.

Cette nouvelle force armée n'est pour l'instant qu'une levée de volontaires, menée au combat par des officiers élus, certes motivée politiquement, mais dépourvue d'expérience militaire. L'homme qui va donner l'impulsion pour l'organiser et la rendre efficace au combat sera Léon Trotsky, commissaire à la guerre de 1918 à 1924. Le service militaire est rendu obligatoire de 18 à 40 ans, par le décret du 29 mai 1918 et on crée des commissaires militaires ou voenkomat (военный комиссариат, военкомат) pour encadrer cette mobilisation. Pour palier le manque d'expérience des cadres, on leur adjoint des spécialistes militaires ou "военный специалист", sélectionnés par une commission spéciale dirigée par Lev Glezarov (Лев Маркович Глезаров). Ces adjoints sont souvent recrutés parmi les anciens officiers de l'armée tsariste, libérés à cet effet, mais dont on s'assure de la loyauté par une étroite mise sous tutelle et sous contrôle de commissaires politiques et des prises d'otage parmi les familles et les proches. Après le ralliement d'Alexeï Broussilov en 1920, la pratique se généralisera et leur effectif atteindra les 315 000 en août.

Grâce à ce système et sa supériorité numérique, l'Armée rouge, prend définitivement l'ascendant sur les troupes blanches, malgré les interventions, parfois directes, des puissances étrangères et sa défaite contre la Pologne. Et après l'évacuation de l'armée japonaise en octobre 1922, elle contrôle enfin l'étendue du territoire restant de l'ancienne Russie tsariste, mettant fin à la guerre civile.

Si l'Armée Rouge a indéniablement sauvé la révolution, elle se révèle aussi, pendant la guerre civile, un redoutable instrument répressif déjà employé contre les diverses sections du peuple russe qui n'acceptent pas le pouvoir bolchevik ou qui nourrissent un projet de société différent. De très nombreux paysans fuient dans les forêts pour éviter l'enrôlement dans les troupes rouges ou blanches, mais aussi les violentes collectes forcées des deux armées. Ils constituent des "armées vertes" qui affrontent alternativement ou simultanément l'Armée Rouge et les armées blanches. Des milliers de révoltes paysanes de toute envergure seront réprimées par l'Armée Rouge, pourtant constituée aux quatre cinquièmes de paysans. En 1920, Toukhatchevski n'hésite pas à bombarder les populations aux gazs chimiques pour mater la grande révolte des campagnes de Tambov. En 1920, les troupes de Trotski se retournent contre leur ancien allié, l'anarchiste ukrainien Nestor Makhno, et mettent fin brutalement à l'expérience de la Makhnovtchina. C'est aussi à l'Armée Rouge qu'il revient de faire cesser l'indépendance tout juste conquise de certaines portions de l'ancien empire des tsars: elle permet notamment de rattacher de force à la nouvelle URSS les éphémères États d'Arménie (1921) et de Géorgie (1922), pourtant internationalement reconnus. Enfin, lorsque les marins de Kronstadt, "héros et gloire de la révolution" (Trotski), se soulèvent en 1921 aux cris de "A bas les communistes ! vive les Soviets !", et exigent la fin du parti unique et le retour au pouvoir des soviets et aux libertés de la révolution de février, Trotski et Toukhatchevski pilotent la répression. En mars 1921, l'île de Kronstadt est prise d'assaut par les glaces, des centaines de marins sont fusillés sur place ou contraints de creuser leurs tombes dans des bois avant d'être exécutés et les fuyards, revenus contre promesse de vie sauve, sont mis à mort.

La Guerre froide

Pour marquer la transition définitive de l'Armée rouge, d'une milice révolutionnaire en armée d'un état souverain, cette dernière devient l'Armée soviétique en 1946. La démobilisation à la fin de la guerre fait passer les effectifs de treize à cinq millions d'hommes. Elle conservera ce niveau d'effectifs, oscillant au gré des estimations entre trois et cinq millions, jusqu'à sa dissolution en 1991, la loi soviétique obligeant tous les jeunes hommes valides à servir au moins deux ans sous les drapeaux.

Le souvenir cuisant de l'invasion allemande va influencer la politique de l'URSS après guerre. Les États de l'Europe de l'est libérés par l'Armée rouge vont être maintenus, parfois même par la force, sous domination soviétique pour constituer une zone tampon destinée à protéger le territoire de l'URSS contre une nouvelle invasion venue de l'ouest. Cette volonté défensive se matérialisera avec la création du Pacte de Varsovie, en réaction à celle de l'OTAN. Cette association d'États, bien qu'ayant une vocation défensive, adopte la doctrine militaire de l'Armée rouge qui recommande la prééminence de l'action offensive, y compris dans ce cas, allant jusqu'à la possibilité de lancer des attaques préventives, pour porter la guerre chez l'adversaire plutôt que de la subir sur son propre territoire. La volonté de maintenir à tout prix ce glacis défensif en Europe de l'Est mènera aux interventions militaires, lors des années 1950 et 1960, en RDA, en Hongrie durant le l'insurrection de Budapest et en Tchécoslovaquie lors du Printemps de Prague. En outre, le complexe militaro-industriel nécessaire au maintien de ces gigantesques forces conventionnelles, parallèlement au développement de forces nucléaires non moins importantes, pèsera lourd sur l'économie déjà fragile du pays.

En plus des centaines de milliers d'hommes sur le pied de guerre dans les pays satellites d'Europe de l'Est, l'Armée rouge dut déployer un important dispositif le long de la frontière avec la République populaire de Chine à la suite à la rupture sino-soviétique, des conflits frontaliers en 1969 avec l'Armée populaire de libération fit des centaines de victimes de part et d'autre.

L'Armée rouge intervint durant la guerre froide pour soutenir les gouvernement alliés à l'URSS de plusieurs manières, défense aérienne de la République populaire de Chine en 1950, appui aérien massif durant la guerre de Corée, conseillers militaires et instructeurs durant la guerre du Vietnam, défense aérienne de l'Égypte (le 30 juillet 1970, cinq MiG-21 soviétiques furent abattus et deux pilotes tués lors d'une bataille aérienne contre Israël), engagements de forces régulières (parachutistes entre autre) en Éthiopie contre la Somalie et les rebelles anticommunistes à la fin des années 1970, etc.

La fin de l'URSS et de l'Armée soviétique

De 1985 à 1990, Mikhail Gorbachev s'applique à réduire les effectifs et le poids économique de l'armée. Outre le retrait d'Afghanistan, la réduction des forces stationnées en Europe de l'Est fut rapidement menée, laissant les gouvernements socialistes en place face à leur destin. L'absence des forces soviétiques permit la libéralisation qu'elles avaient auparavant empêchée comme en 1968, ce qui provoqua leurs retraits successifs du Pacte de Varsovie au cours de l'année 1991 et la dissolution de ce dernier, le 1er juillet.

En URSS, la Lituanie fut la première à choisir la voie de la sécession dès mars 1990. Progressivement les autres républiques annoncèrent leur intention de faire de même, ce qui mena à une période de tension et l'établissement de l'état d'urgence au milieu de l'année 1991.

Une tentative de coup d'État de la vieille garde communiste tourna court en août, faute de détermination de la part des insurgés. L'armée déployée dans les rues de Moscou ne semble pas avoir reçu l'ordre de tirer sur la population, mais simplement de protéger celle-ci en se déployant. Le seul incident eut lieu au cours d'un jet de cocktail Molotov sur un char qui provoqua une mort accidentelle. Après l'échec de cette réaction, l'autorité de l'Union soviétique cessa pratiquement de fait sur les Républiques, et le 8 décembre, le document entre la Russie, l'Ukraine et la Biélorussie, déclarant la dissolution de l'URSS et la création de la Communauté des États indépendants (CEI) fut signé.

L'Armée rouge fut alors démantelée entre les différents nouveaux États, selon l'origine nationale des contingents. Fin 1992, les reliquats de l'Armée soviétique stationnés dans les Républiques avaient été dissous et les dernières forces basées en Europe et dans les pays baltes furent retirées progressivement de 1991 à 1994. Les militaires russes, de loin les plus nombreux, constituèrent alors les forces armées de la fédération de Russie qui hérita de la majorité de l'équipement, en particulier la totalité de l'arsenal nucléaire de l'ex-Armée rouge.

L'énergie solaire est l'énergie que dispense le soleil par son rayonnement, directement ou de manière diffuse à travers l'atmosphère. Sur Terre, l'énergie solaire est à l'origine du cycle de l'eau et du vent. Le règne végétal, dont dépend le règne animal, l'utilise également en la transformant en énergie chimique via la photosynthèse. A l'exception de l'énergie nucléaire, de la géothermie et de l'énergie marémotrice, l'énergie solaire est à l'origine de toutes les énergies sur Terre.

Grâce à divers procédés, elle peut être transformée en une autre forme d'énergie utile pour l'activité humaine, notamment en chaleur, en électricité ou en biomasse. Par extension, l'expression « énergie solaire » est souvent employée pour désigner l'électricité ou la chaleur obtenue à partir de cette dernière.

Les systèmes de production d'énergie solaire ont un coût proportionnel quasi nul : une fois l'installation de l'appareil effectuée, l'énergie est produite par le Soleil, ce qui ne coûte rien. Il faut cependant tenir compte des coûts d'investissement et de l'entretien de l'appareil.

L'usage de panneaux solaires thermiques se justifie pour produire de l'eau chaude sanitaire à moindre coût. Une fois l'installation réalisée, l'entretien est très peu coûteux et permet de faire des économies substantielles de combustible fossile ou d'électricité.

En revanche, pour le solaire photovoltaïque, le coût de l'installation est assez élevé, bien que la recherche progresse dans ce domaine. Plusieurs pays (comme la France et l'Allemagne) ont donc mis en place des systèmes d'incitation financière (notamment fiscale : crédit d'impôt) à l'installation de panneaux solaires. En France, le crédit d'impôt de l'État est complété selon les régions et les départements par des aides financières qui s'appliquent aussi bien au solaire photovoltaïque, qu'au solaire thermique ou à des travaux d'économie d'énergie (comme l'amélioration de l'isolation thermique ou l'installation d'une chaudière performante).

L'usage de système de production d'énergie solaire se justifie aussi dans les situations où il est très coûteux d'importer des combustibles fossiles ou de transporter de l'électricité, comme dans des zones isolées ou/et peu peuplées. En France, l'électrification de nombreux refuges en montagne et de villages isolés en Guyane a été réalisée par un champ solaire photovoltaïque, parfois couplé à un groupe électrogène d'appoint.

Une laverie automatique fonctionnant grâce à l'énergie solaire

 

Histoire

Augustin Mouchot commence de s'intéresser à l'énergie solaire en 1860. En 1873, une subvention du conseil général de Tours lui permet de construire un four solaire de 4 m² qu'il présente à l'Académie des sciences en octobre 1875. En 1877, une subvention du conseil général d'Alger lui permet de construire sur le même principe un « grand appareil de 20 m² » qui reçoit une Médaille d'Or à l'Exposition universelle de 1878. En août 1882, lors de la Fête de l'Union française de la jeunesse, Abel Pifre utilise un récepteur solaire d'Auguste Mouchot pour actionner une machine à vapeur qui lui permet de tirer un journal.


Voici une chronologie de l'énergie solaire:

 

L'élevage des crevettes, ou crevetticulture, est une branche de l'aquaculture qui consiste en l'élevage de crevettes marines pour la consommation humaine.

La production commerciale de crevettes d'élevage a commencé dans les années 1970 et a connu une croissance très rapide, stimulée par la demande aux États-Unis, au Japon et en Europe occidentale. La production totale a dépassé 1,6 million de tonnes en 2003, pour une valeur de 9 milliards de dollars. Près des trois quarts des crevettes d'élevage sont produites en Asie, en particulier en Chine et en Thaïlande. Le reste provient principalement d'Amérique latine, dont le Brésil est le premier producteur. Le principal pays exportateur est la Thaïlande.

L'élevage des crevettes est passé d'une activité traditionnelle à petite échelle, en Asie du Sud-Est, à une industrie mondiale. Les progrès technologiques ont permis d'élever des crevettes avec des densités toujours plus élevées, et les géniteurs sont expédiés dans le monde entier. La grande majorité des crevettes d'élevage appartiennent à de la famille des Penaeidae et deux espèces seulement, Penaeus vannamei (crevette à pattes blanches) et Penaeus monodon (crevette géante tigrée), représentent près de 80 % de tous les élevages. Cette monoculture industrielle est très sensible aux maladies, qui ont provoqué régionalement plusieurs vagues meurtrières dans les populations de crevettes d'élevage. Des problèmes écologiques croissants, des épidémies répétées, ainsi que la pression et les critiques venant à la fois des ONG et des pays consommateurs, ont entraîné des changements dans cette activité à la fin des années 1990 et généralement une réglementation plus stricte par les gouvernements. En 1999 fut lancé un programme visant à développer et promouvoir des pratiques d'élevage plus durables, programme impliquant des organismes gouvernementaux, des représentants de ce secteur économique et des organisations environnementales.

L’élevage des crevettes se pratique depuis des siècles en Asie, selon des méthodes traditionnelles à basse densité. En Indonésie, les étangs d’eau saumâtre appelés tambaks sont attestés depuis le XVe siècle. Les crevettes étaient élevées dans des étangs, en monoculture, avec d'autres espèces comme les chanos ou bien en alternance avec le riz, les rizières servant à l'élevage des crevettes durant la saison sèche, période impropre à la culture du riz. Ces élevages traditionnels étaient souvent le fait de petites exploitations situées sur le littoral ou sur les rives de fleuves. Les zones de mangrove étaient privilégiées car elles sont une source naturelle et abondante de crevettes. Les jeunes crevettes sauvages étaient capturées dans des étangs et nourries grâce à des organismes naturellement présents dans l'eau jusqu'à ce qu'elles atteignent la taille désirée pour être récoltées.

L’origine de l'élevage industriel remonte aux années 1930 au Japon, quand la reproduction et l'élevage de crevettes impériales (Penaeus japonicus) furent réalisées pour la première fois. Depuis les années 1960, une petite activité d'élevage de crevettes est apparue au Japon.

L'élevage commercial a réellement commencé à la fin des années 1960. Les progrès technologiques ont permis des formes d'exploitation toujours plus intensives et la demande croissante du marché a conduit à une prolifération des élevages de crevettes dans le monde entier, concentrés surtout dans les régions tropicales et subtropicales. À l'orée des années 1980, un accroissement de la demande a coïncidé avec l'affaiblissement des prises de crevettes sauvages, provoquant un véritable boom. Taiwan fut parmi les premiers adeptes et un producteur important dans les années 1980 ; sa production s'est effondrée à partir de 1988 à cause de mauvaises pratiques de gestion et de maladies. En Thaïlande, l'élevage intensif de crevettes à grande échelle s'est développé rapidement à partir de 1985. En Amérique du Sud, le pays pionnier dans l'élevage des crevettes a été l'Équateur, où cette activité a connu une expansion spectaculaire à partir de 1978. Au Brésil, cette activité a commencé en 1974, mais le commerce n'explosa réellement que dans les années 1990, faisant de ce pays un des principaux producteurs en l'espace de quelques années. Aujourd'hui, on trouve des élevages de crevettes marines dans plus de cinquante pays.

Bassins dans une écloserie de crevettes.

Bassins dans une écloserie de crevettes

Méthodes d'élevage

Dans les années 1970, la demande avait dépassé la capacité de la pêche aux crevettes sauvages et l’élevage est apparu comme une solution économiquement viable. Les anciennes méthodes de culture de subsistance ont alors rapidement été remplacées par les pratiques plus intensives d’une activité tournée vers l’exportation. L’élevage industriel des crevettes a, au début, suivi les méthodes traditionnelles avec les fermes dites extensives, mais en compensant la faible production par unité de surface par une taille accrue des étangs : au lieu d’étangs de quelques hectares, des étangs allant jusqu’à 100 ha (un km²) ont été utilisés dans certains endroits. Le secteur, très peu réglementé au départ, prospéra rapidement et, dans de nombreuses régions, d’immenses surfaces de mangroves furent déboisées. De nouveaux progrès techniques ont permis de mettre en œuvre des pratiques d’élevage plus intensives afin d’obtenir des rendements plus élevés tout en utilisant moins de terrain. Des exploitations semi-intensives et intensives sont apparues, dans lesquelles les crevettes étaient nourries à l’aide d’aliments industriels et les étangs gérés activement. Bien qu’il subsiste encore de nombreuses exploitations extensives, les nouveaux élevages sont généralement de type semi-intensif.

Jusqu’au milieu des années 1980, la plupart des élevages de crevettes étaient peuplées avec de jeunes crevettes sauvages, appelées post-larves, généralement capturées par des pêcheurs locaux. La pêche aux post-larves était devenue une activité économique importante dans de nombreux pays. Pour contrer le début d’épuisement des zones de pêche et garantir un approvisionnement régulier des élevages, le secteur commença à produire des crevettes à partir d'œufs et à élever des crevettes adultes à des fins de reproduction dans des installations spécialisées appelées écloseries.



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